Le Cully Jazz 2020 n’aura pas lieu

Saleté de virus…

J’ai appris hier l’annulation de la 38e édition du Cully Jazz Festival qui, depuis 6 ans maintenant, occupe une place privilégiée dans ma vie ; et même si je m’y attendais fortement depuis quelques jours, je suis très touché par cette annulation. 

(de la page facebook du festival)

Alors bien sûr, je suis terriblement frustré.

Mais bien plus encore, je suis très triste.

Parce qu’il y a des gens qui ont fait, comme chaque année, un travail considérable pour préparer cette édition.

Parce que j’imagine bien que cette décision a dû être terriblement difficile à prendre, étant donné que pour l’instant, l’interdiction de manifestations de plus de mille personnes ne court que jusqu’au 15 mars. Mais en suivant l’évolution récente, on est loin d’une accalmie et je pense que cette décision est la bonne.

J’adresse donc ma reconnaissance et mon estime à toute l’équipe du Cully Jazz qui va devoir mettre toute son énergie et sa créativité à tenter de limiter les dégâts et, dans le meilleur des cas, de pouvoir envisager une édition 2021.

Parce que oui, on en est là. Le Cully jazz est menacé dans son existence même. Jean-Yves Cavin, directeur artistique, a déclaré au journal Le Temps que le déficit budgétaire sera « entre gigantesque et colossal ». Et, déjà fragilisé par une édition 2019 déficitaire, le festival voit son avenir fortement compromis. La menace d’une faillite est réelle, concrète.

Et bien sûr, je pense aussi à tou·te·s les artistes qui, à Cully et ailleurs, voient leurs contrats annulés, ou reportés, alors même que leur profession ne leur assure pas une sécurité matérielle à la mesure de leur implication et de ce qu’ils apportent au monde.

Appel

Pour faire face à cette situation, le Cully Jazz Festival lance un double appel :

  • tout en assurant « mettre tout en œuvre pour proposer une forme de remboursement aux détenteurs de billets. », il fait la proposition à qui le peut et le veut de renoncer à ce remboursement, en signe de soutien.
  • et par ailleurs, il fait un appel au don sur son site internet, pour que les personnes qui n’ont pas (encore) acheté de billets mais qui souhaitent soutenir financièrement le festival puisse le faire. J’imagine que même les dons modestes seront bienvenus.

Je suis naturellement conscient qu’il y a, dans le monde, de nombreuses situations autrement plus dramatiques qui sont l’occasion d’appels aux dons. Néanmoins, je suis touché par cette menace qui pèse sur le Cully Jazz à qui je dois beaucoup plus que le simple plaisir musical ; j’ai donc eu envie de manifester ma solidarité en relayant cet appel, auquel je répondrai dans la mesure de mes moyens.

Il y a un bruit qui court à propos de petits ruisseaux et de grandes rivières. C’est une excellente occasion de vérifier!

Par ailleurs, il y a une pétition en faveur de la Création d’un fond d’indemnisation pour les intermittent/es du spectacle en Suisse qui peut être signée ici, sur le site change.org.

 

2 commentaires sur “Le Cully Jazz 2020 n’aura pas lieu

  1. Oui, la situation est compliquée pour le Cully Jazz.

    Mais comme tu le dis, il y a beaucoup d’imprévus dans ce monde: quand il y a du gel, c’est compliqué pour les vignerons, les paysans, quand le franc monte, ça l’est pour l’horlogerie, là, avec ce virus, toutes les structures de l’économie sont à la peine, les employés vont l’être bientôt aussi, la culture, le sport et tout le reste sont à la peine.

    Je comprends la démarche du Cully Jazz, et en même temps, il me semble que c’est mettre une sacrée pression sur le public qui a déjà payé. OK, tu peux ne pas le faire, mais tu culpabilises, alors que pour certains, un abonnement à ce festival a été un choix effectué en décidant de peut-être ne pas partir en vacances.

    Cela dit, je suis bien sûr navré pour eux, comme pour tous les autres.

    1. Merci d’ouvrir le débat, François!

      J’ai un peu hésité avant de publier cet article. En me disant que, comme tu l’écris, c’est compliqué pour beaucoup de monde. Mais est-ce que le fait qu’il y ait d’autres « complications » (pour les vignerons, l’horlogerie… pour ne parler que de chez nous) interdit l’appel au secours ? Faut-il attendre d’être le seul à être en difficulté pour demander de l’aide ? Est-ce que la solidarité n’est pas justement de s’unir contre la difficulté, y compris entre personnes s’y trouvant ?

      Je ne crois pas que le festival mette « une sacrée pression sur ceux qui ont payé », comme tu l’écris. Chacun·e réagit selon ses possibilités. Et jusqu’à présent, je n’ai lu aucun commentaire qui fasse état d’une pression ressentie. J’ai tendance à penser quant à moi que lorsque je ressens cette sorte de pression, c’est mon affaire, et pas celle de la personne qui appelle. À moins bien sûr que son appel soit formulé explicitement de façon à me culpabiliser au cas où je n’y réponds pas, ce qui n’est pas le cas ici.

      Tu évoques le cas de figure des personnes qui ont payé l’abonnement en lieu et place de vacances. Je crois sincèrement que c’est une minorité. Ces gens-là sont certainement des passionné·es qui ne ressentiront pas la pression que tu évoques. Elles y répondront — si elles le peuvent — dans la mesure de leurs moyens. Et il y a aussi de très nombreux billets individuels qui sont vendus. Nombreuses sont les personnes qui n’assistent qu’à un ou deux concerts.

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