Se lever à la retraite

Du temps où je travaillais, j’ai souvent entendu que certaines personnes, une fois retraitées, ont du mal à se lever le matin. Ce que je comprenais pouvait s’exprimer de cette façon:

«Le travail donnait du sens à ma vie; ne travaillant plus, je n’ai plus de raison de me lever.»

Il pouvait y avoir comme un vertige devant une forme de vide, et peut-être aussi une sensation plus ou moins consciente de ne plus vraiment faire partie de la société, d’être comme «en marge» de celle-ci, de ne plus être reconnu…

Au-delà de ça, j’imaginais deux raisons possibles:

  • soit la personne faisait ce que je pourrais appeler «un métier de sens», un métier choisi et lié à une passion, un métier dans lequel on n’a pas forcément l’impression de «travailler». De ces personnes qui disent avoir eu la chance d’être payées pour faire ce qu’elles aiment.
  • soit la personne se noyait dans son travail qui prenait toute la place, que ce soit pour fuir une vie personnelle peu satisfaisante ou simplement parce que le travail et était chronophage

Je n’ai été ni l’une ni l’autre de ces personnes:

  • je n’ai jamais eu la chance de faire un métier qui me passionnait; j’ai eu des satisfactions, j’ai été en contact avec des personnes intéressantes, j’ai appris plein de choses, mais fondamentalement, je n’ai jamais vraiment eu l’impression de faire «le métier pour lequel j’étais fait».
  • Par ailleurs, même s’il y a eu des périodes durant lesquelles j’ai dû travailler plus que de raison, cela a toujours été contraint et forcé par les circonstances. Rarement j’ai «fui mon quotidien» dans le travail. Au contraire, je me suis toujours réjoui d’arriver enfin un jour à la retraite et d’avoir enfin le temps de ne faire que ce que j’aime faire.

Je me croyais donc naïvement à l’abri de toute forme de «démotivation du retraité». Pourtant j’ai du mal à me lever, à me mettre en route. Oui, c’est plutôt ça : du mal à me mettre en train, à résister à l’envie que j’ai, une fois debout, de me recoucher ou de m’asseoir devant la télé. Même ce que j’aime faire, j’ai du mal à m’y mettre. Par exemple, j’aime écrire et je m’étais imaginé qu’une fois retraité, j’alimenterais mon blog beaucoup plus régulièrement.

Alors?

J’ai progressivement pris conscience d’une réalité qui me vexe un peu, même si en fait elle ne me surprend pas vraiment: j’ai du mal à me lever parce que je n’y suis plus obligé.

Parce qu’en fait, j’ai toujours eu à lutter contre une forte envie de me recoucher une fois debout. Toujours. Mais je devais être au travail à telle heure, et je me trouvais donc dans l’obligation d’aller de l’avant. La question ne se posait pas. Je me mettais en route parce qu’il le fallait. 

À présent que je suis retraité, je n’ai plus cette obligation. Si je me recouche, ma rente me sera tout de même versée. Et je dois dire que certains matins, j’en profite avec délectation.

Mais le fait est que, à la longue, je sens bien que je ne saurais vraiment me satisfaire d’une vie consacrée uniquement au glandage, à la sieste, avec pour seules activités celles le la logistique du quotidien (ménage, courses, cuisine, paiements…) et, de temps en temps, un concert de jazz pasque quand même y faut pas déconner.

J’ai donc le choix entre deux attitudes.

La première, dans laquelle j’ai une longue pratique, une indiscutable expertise, à tel point que c’est celle qui se met en place comme automatiquement, instinctivement, à l’insu de mon plein gré:

  • Déprimer, culpabiliser, me dire que voilà, c’est ma faute, j’avais qu’à apprendre l’autodiscipline, si j’avais travaillé à l’école j’en serais pas là, mes parents et mes maitresses d’école avaient raison, j’étais un garçon intelligent et fallait juste que je bosse sérieusement, que je «prenne le taureau par les cornes» comme disait papa, donc je peux pas me plaindre si aujourd’hui j’en suis là, c’est tout ma faute, chui qu’une merde, tout ça.
    Ah oui; et en plus, maintenant c’est trop tard, c’est pas à soixante-trois balais qu’on peut changer les habitudes de toute une vie, c’est bien fait pour ma gueule, j’avais qu’à.

La deuxième, moins automatique, mais tellement plus utile: 

  • quel est le petit pas que je peux faire aujourd’hui pour que ça se passe mieux?

Ô Toikimeli, j’imagine que tu as déjà compris que j’ai choisi la deuxième de ces attitudes.

Bon. Je l’ai choisie. Il ne me reste qu’à la mettre en oeuvre.

Enfin bon, en fait j’ai déjà commencé à la mettre en oeuvre. Depuis une paire de semaines, j’ai organisé différemment ma mise en route matinale, et pour l’instant il semble que cela fonctionne.

Alors voilà. Je reprends l’engagement que j’avais pris il y a un peu plus d’une année, lors de la fermeture de cuk.ch: celui de publier au minimum un article par mois. Comme je l’avais écrit à l’époque, dans un élan d’humour que le monde entier m’envie: un article par mois par moi.

Comme on est le 3 juin et que j’aime bien le chiffre 3, je décide qu’il y aura un billet le 3 de chaque mois. Plus, éventuellement, l’un ou l’autre entre deux 3. Cela veut dire que, le cas échéant, Toikimeli, tu es autorisé à m’écrire pour réclamer le 4 s’il n’y a rien eu le 3.

Pasque marre, à la fin, d’être retraité et de ne pas en profiter pour faire ce que j’aime!

Et pis tiens, tant qu’on y est: si l’envie te prend de partager ici quelque chose de la manière dont tu envisages ou vis ta retraite, n’hésite pas; les commentaires sont là pour ça!

20 commentaires sur “Se lever à la retraite

  1. Coucou Dom moikitelis je suis bien contente que tu aies pris la décision d’écrire tous les 3 du mois. Du reste il y aura un 3 qui sera mon anniversaire donc pas question de manquer à ta promesse hein!
    Je ne suis pas à la retraite mais j’ai une partie de mon activité en indépendante. L’être humain a tendance à se laisser glisser, l’attraction terrestre doit y être pour quelque chose. Ce qui m’aide à concrétiser c’est des dates butoirs . Des exigences posées avec d’autres personnes et pour d’autres personnes. Vivre pour moi seulement c’est pas très intéressant mais vivre pour créer qqch de moi pour les autres c’est bon pour mon cœur. Et en plus si parfois je crée avec d’autres personnes avec qui je m’entends bien c’est encore mieux.
    Par contre si j’attends trop de reconnaissance des autres cela va avoir tendance à me remettre dans mon lit . Je fais très attention à cela.
    J’imagine ma retraite avec des liens réguliers avec les autres dans la création.
    J’espère de tout mon cœur que te lever sera un acte de victoire sur l’attraction terrestre. Lève toi et marche…. tu seras un homme debout.
    Bisous

    1. Ah, l’attraction terrestre… Ce qui est bizarre, c’est que même quand je pesait trente kilos de moins, j’en étais victime de façon tout aussi intense et quotidienne!

      Les dates buttoir, oui, c’est vrai que ça peut être efficace. Mais rien que l’idée de fixer une date me tétanise! Comme tu le dis, le fait de pouvoir s’engager sur un projet avec quelqu’un d’autre est motivant! Dommage que je n’écrive pas pour les enfants, j’aurais certainement du plaisir à bosser avec toi!

      Merci pour ton partage et tes encouragements à être un homme debout!

  2. Dominique, comme quand je travaillais – je travaille encore puisqu’une blouse blanche s’est mise en travers de mon chemin – j’adore le lever tôt, petit déjeuner et me recoucher pour dormir une petite heure.
    Oui mais, actuellement à l’hôpital, je ne peux pas. Je me venge en siestant une demi heure avant déjeuenr

    1. Ah oui, se recoucher après le p’tit déj’… un souverain régal! Mais à condition de ne pas le faire tous les jours; d’ailleurs ce système a tout de même un «revers»: il faut se lever deux fois!

  3. Il y faut évidemment une dose de volonté. Mais, contrairement à ce qu’on nous a appris, avoir de la volonté ce n’est pas serrer le poing et dire “je veux” — ça tout le monde sait faire. C’est au contraire, comme un banal subalterne, accepter l’ordre qu’on s’est donné et l’exécuter. L’éducation classique avait raison d’enseigner l’obéissance aux enfants, non pas pour leur apprendre à obéir un jour bêtement à un quelconque sergent-chef, mais plus simplement pour, le moment venu, réussir à s’obéir à soi-même. Quand on y arrive, les licences qu’on s’accorde n’en sont que plus délicieuses.

    1. Effectivement. Un de mes problèmes est que j’ai été éduqué dans cette idée qu’il faut serrer les poings et y aller, envie ou pas. “Quand on veut, on peut”.

      Ma réponse a été une forme résistance à l’effort, et je n’ai malheureusement pas rencontré à l’époque de personne qui parvienne à me donner le goût de l’effort choisi ou, comme tu l’écris, celui de l’obéissance à l’ordre que l’on s’est donné.

      Ceci dit, l’éducation classique n’a pas toujours trouvé les moyens d’enseigner cette forme d’auto-obéissance. Elle avait peut-être raison sur le fond, malheureusement pas toujours sur la forme!

  4. Bonjour Dom’-).

    Ton billet me rappelle une émission d’il y a 10 ans qui m’avait beaucoup frappé, même choqué (https://www.rts.ch/play/tv/temps-present/video/le-grand-vide-apres-la-retraite?id=832663) et qui t’intéressera probablement, ou qui intéressera d’autres de tes lecteurs.

    Tu n’es pas le seul à ne t’être probablement pas préparé à la retraite, je n’en sais rien à vrai dire, excuse-moi si je me trompe… mais de même qu’on se prépare au travail quand vient le temps de le faire, de même on devrait se préparer à la retraite quand cette période de la vie arrive, mieux, on devrait s’y préparer à l’avance, par exemple en réduisant son temps de travail une année ou deux avant.

    Le premier commentaire ci-dessus de Pascale Andreae exprime, entre autres réflexions, que nous sommes des êtres sociaux. Il faut donc recréer de nouveaux liens liens ou renforcer ceux que l’on avait, ou les modifier (si l’on est en couple, on est maintenant deux qui rangent la cuisine de manière plus intensive ou différente, ou travaillent au jardin, les avis sur des sujets domestiques – banaux parfois – en arrivent à diverger plus qu’avant…).
    Et puis, si (ça, c’est le top), on a des petits-enfants, la retraite peut devenir un plaisir incroyable. On peut tout se permettre, on fait de la trottinette, de la balançoire, on glisse, à soixante ans passés, sur le dos et la tête la première dans les toboggans pour les épater, un grand-père a tous les droits de redevenir un enfant avec eux !
    Et surtout, il y a le bénévolat. J’ai choisi d’être actif dans un réseau d’échange de savoirs (http://www.rers.ch/).

    Comme j’ai des bons souvenirs de mes études dans tous les domaines, les élèves viennent pour toutes les branches, de 7 à 18 ans. Beaucoup sont des jeunes filles parfois, mais pas toujours nées ici, presque toujours originaires de pays où les femmes (leurs mères, leurs tantes) n’avaient jamais pu aller à l’école. Elles leur disent :” étudie, travaille, tu dois le faire pour vivre ici, pour ne pas devoir te marier parce que tu n’es pas instruite”. Choc des cultures … Je fais des rencontres passionnantes.
    Telle fillette de 7 ans me demande “Monsieur, à quel Dieu vous faites vos dévotions ? Oh pardon, c’est vrai, je suis bête, vous n’en avez qu’un. Mais moi je peux en choisir l’un ou l’autre, comme je préfère, ça dépend comment je me sens.”
    Telle autre qui me dit qu’elle a de la chance, parce que ses parents lui offriront probablement un choix de 4 ou 5 prétendants à épouser quand elle sera grande, et pas un seul, parce que sa caste est plus tolérante que les autres. … Encore un choc culturel …
    Plein de rencontres à vivre, mais aussi des histoires de migrations, de guerre, racontées par des enfants venant de très loin… Oui Dom’-) je te souhaite de redécouvrir que tu es, comme toute personne, programmé pour vivre en société, et en découvrir des aspects inédits.
    Retraite = fin de la vie active ? Une connerie que cette expression, à bannir ! C’est u commencement
    Bon vent à toi, Dom’-), avance dans la découverte de toi-même en tant qu’être social, c’est ce que je te souhaite !

    1. Hello Zallag!

      Merci pour le lien. Je prendrai le temps de regarder, ce d’autant mieux que Temps Présent est une formidable émission!

      Alors oui, je me suis préparé. J’ai suivi une série de rencontres de préparation qui m’ont été payées par mon employeur. Mais la carte n’est pas le terrain! Par ailleurs je ne suis pas un champion de l’anticipation. La difficulté que je rencontre, je m’y attendais. Mais je n’ai pris aucune mesure avant d’y être confronté.

      La cohabitation avec ma femme, également retraitée, se passe très bien. Le genre de relation que nous avons construit durant plus de 30 ans nous permet une gestion du quotidien dans les meilleures conditions relationnelles possible.

      Je n’ai pas de petits-enfants et cela n’en prend pas le chemin. Mais en ce qui me concerne, cela ne me manque pas.

      Le réseau relationnel, oui, tu as raison, il est important de l’entretenir ou le recréer si nécessaire. Et là, il n’est pas exclu que mon caractère introverti me joue parfois quelques tours.

      Merci pour le partage de tes rencontres. Cela doit effectivement être passionnant et les exemples que tu donnes sont savoureux!

    2. Puisque, par ailleurs, on parle langue française, je voudrais vous faire part, sans aucune forfanterie, je fais aussi des fautes d’orthographe et de grammaire, de ceci (que vous savez certainement) :

      BANAL
      adjectif

      HISTOIRE (PLURIEL BANAUX)
      Appartenant à la circonscription d’un seigneur. Four, moulin banal.
      COURANT (PLURIEL BANALS)
      Extrêmement commun, sans originalité. Un cas assez banal.
      synonymes : ordinaire, courant

      Donc : “les avis sur des sujets domestiques – banals parfois – en arrivent à diverger plus qu’avant…”

  5. Ok, promis, quand je serai à la retraite (dans 6 ans et demi si Dieu le veut) je ferai comme toi !
    Mais comme je suis encore plus feignant que toi (et aussi malin), je ne choisirai pas le 3, mais probablement le 31. Cela me permettra de glander plus souvent ! 🙂

    1. Mouarf!!! J’avais pas pensé à celle-là! Suggestion: tu peux encore améliorer le bidule en ajoutant le critère “les années paires”!

      Et à propos du verbe “glander”: j’ai vu récemment que ce verbe semble être le seul qui n’est pas contrarié par le mot “rien”: “glander” ou “rien glander”, ça dit la même chose. Alors qu’avec n’importe quel autre verbe, le “rien” annule le verbe! C’est dire la puissance de ce verbe!

  6. Au contraire, rien n’a pas d’effet négatif quand il est seul dans une phrase. En effet, rien veut dire “chose”, du latin res. C’est pour ça qu’on dit par exemple “un petit rien” ce qui veut dire “un petit quelque chose”. Alors que ne…. rien, ça veut dire “aucune chose”.

    Pour les incrédules (https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=rien+d%C3%A9finition)

    Excuse le latiniste que je fus au collège…

    1. Ah ben ouais, vu comme ça… Mais moi, monsieur, je parle français courant; et en français courant, quand on dit
      “j’ai glandé”
      ou
      “j’ai rien glandé”,
      c’est pareil.
      Alors que
      “j’ai vu” ou “j’ai rien vu”,
      “j’ai pris” ou “j’ai rien pris”,
      “j’ai mangé” ou “j’ai rien mangé”,
      c’est pas pareil

      Ceci dit, je te remercie pour ton intervention érudite qui m’aura appris quelque chose sur notre belle langue dont les trésors n’ont pas fini d’en émerveiller certains alors que d’autres n’en ont RIEN à fouttre! 😉

      1. Parler Pour Ne Rien Dire (Raymond Devos)

        Parce qu’on m’a demandé de faire un discours

        Je vous signale tout de suite, mesdames et messieurs…
        Que je vais parler pour ne rien dire.

        Oh! je sais!
        Vous pensez:
        “S’il n’a rien a dire… Il ferait mieux de se taire !”
        Ouais c’est trop facile ! … mais c’est trop facile !

        Vous voudriez que je fasse comme ceux qui n’ont rien a dire
        Et qui le gardent pour eux ?
        Et bien, non ! Mesdames et messieurs. moi quand je n’ai rien a dire
        Je veux qu’on le sache !
        Je veux en faire profiter les autres !
        Et si vous mêmes, mesdames et messieurs, vous n’avez rien a dire,
        Eh bien, on en parle, on en discute !
        Je ne suis pas ennemi du colloque.
        Mais, me direz-vous, si on parle pour ne rien dire,
        De quoi allons nous parler?

        Eh bien, de rien ! … De rien !
        Car rien, ce n’est pas rien !
        La preuve, c’est que l’on peut le soustraire …

        Rien moins rien = moins que rien !
        Alors si l’on peut trouver moins que rien,
        C’est que rien vaut déjà quelque chose !
        On peut acheter quelque chose avec rien !

        En le multipliant !
        Une fois rien… C’est rien !
        Deux fois rien… Ce n’est pas beaucoup !
        Mais trois fois rien, .. Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose
        Et pour pas cher !

        Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien:
        Rien multiplié par rien = Rien.
        Trois multiplié par trois = neuf.
        Ça fait: rien de neuf !

        Bon..aller, Parlons d’autres choses !
        Parlons de la situation, tenez!
        Parlons de la situation, sans préciser laquelle !

        Si vous le permettez, je vais faire brièvement l’historique
        De la situation Quelle qu’elle soit !
        Il y a quelque mois, souvenez-vous, la situation,
        Pour n’être pas pire que celle d’aujourd’hui.
        N’en était pas meilleur non plus !
        Déja, nous allions vers la catastrophe et nous le savions…
        Nous en étions conscient !

        Car il ne faudrait pas croire que
        Les responsables d’hier étaient plus ignorants de la situation
        Que ne le sont ceux d’aujourd’hui !
        D’ailleurs ce sont les mêmes

        Oui ! la catastrophe, nous le pensions, était pour demain !
        C’est-a dire qu’en fait elle devrait être pour aujourd’hui!
        Si mes calculs sont justes !
        Or, que voyons nous aujourd’hui ?
        Quelle est toujours pour demain !

        Alors, je vous pose la question, mesdames et messieurs:
        Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe
        Que nous pourrions faire le jour même que nous l’éviteront ?
        D’ailleurs, je vous signale entre parenthèses que
        Si le gouvernement actuel n’est pas capable d’assurer la catastrophe.
        Il est possible que l’opposition s’en empare !

  7. Ai-je jamais rien écrit (traduction : ai-je une fois écrit quelque chose) que je doive regretter à ce point après coup? Non.
    Dom, je ne m’érigerai plus en prof de français. Mon passé de microbiologiste et de virologiste a dû renforcer ma propension à remarquer des détails microscopiques …

    Bugraptor, content de te revoir dans ces colonnes ! Tu fais très court, maintenant. Moins de 10 lignes en deux commentaires ?

    1. Zallag, je viens de comprendre quelque chose:

      en fait, RIEN est comme PERSONNE. Mais, contrairement à RIEN, on utilise couramment le substantif PERSONNE pour désigner quelqu’un, comme par exemple dans “le bébé est une personne”; alors que le substantif RIEN, n’est quasiment jamais utilisé dans son sens premier.

      Autrement dit, on dira “il n’y a personne” ou alors “il y a vingt personnes”. Mais on ne dira pas “il y a vingt riens” mais plutôt “il y a vingt choses” (ou “trucs”, ou “machins”).

      Donc je le redis: merci pour ton intervention, et n’hésite pas à recommencer. Tant que tu ne prends pas une posture de donneur de leçon (ce qui n’était pas le cas!) comme on en voit trop sur le net…

      Et puis cela contribue à faire vivre mon blog et ça, c’est très motivant!

      Ceci dit, je me suis marré en imaginant la scène. Parce que le truc sur GLANDER et RIEN GLANDER vient d’un sketch de la série Scènes de ménage (https://www.6play.fr/scenes-de-menages-p_829) sur M6. Il s’agit d’un dialogue entre José et son pote, devant le barbecue. Et je me suis amusé à imaginer un troisième personnage, toi, qui intervient dans leur délire avec un dictionnaire à la main… Trop marrant!

  8. Voilà, c’est ça, tu as capté la nuance. C’est tout à fait juste. Nous voici d’accord.
    C’est comme le mot jamais.
    Dans une phrase sans négation, il veut dire “une fois”. Par exemple comme quand je dis :”Si jamais tu passes dans le coin, lance-moi un coup de fil et on prend un café”.
    Dans une phrase négative, il veut dire “Pas une fois”. On est plus souvent habitué à la présence de ces mots dans des phrases négatives.
    Dans une phrase sans négation, “rien” signifie “quelque chose”. Si ta femme te dit qu’en prévision d’un mariage dans la famille, elle s’est achetée “un petit rien” à mettre ce jour-là, je suppose que c’est un petit quelque chose … Si elle te dit qu’elle ne s’est rien acheté, tu peux être rassuré !
    Et, comme tu dis, personne veut dire quelqu’un dans une phrase sans négation. L’accident est arrivé sans que personne en ait été témoin veut effectivement dire que c’est arrivé sans que quelqu’un en ait été témoin. Personne est positif.
    L’histoire de chaque langue évolue, ses origines sont multiples et c’est tout un monde.
    J’attends ton prochain billet avec plaisir ! Bonne fin de semaine à toi.

  9. Retraité depuis une dizaine d’années après 42 ans de vie active, j’ai eu la chance d’avoir une vie professionnelle passionnante. J’ai adoré être régisseur général puis directeur technique du spectacle vivant. Je n’avais pas préparé du tout cet évènement car ce métier, pour passionnant qu’il fût, ne laissait que très peu de temps. J’ai donc décidé, dès les premiers jours de ma cessation d’activité, de faire en toutes circonstances exactement ce que j’avais envie (dans la limite de mes quelques obligations et de mes moyens). J’ai repris intensivement la photo, j’ai voyagé, j’ai fréquenté les autres théâtres, les music-halls, les cinémas, les musées, les salles d’expo, etc… J’ai aussi fait le tour de la famille et des amis que je ne voyais que sporadiquement. Je me suis rendu en 2017 à Lausanne pour le premier Cukday auquel j’avais le temps de me rendre… ! Bientôt 70 balais et je continue d’adorer ne rien faire d’autre que ce qui me plait ! Il m’arrive donc de ne rien glander !
    Mon cher Dom, je te souhaite une retraite très réussie et très active.

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