Luc Tiercy, un film et une expo

Posé sur l’herbe et stabilisé au moyen de petites planchettes, un piano à queue, ouvert, se demande pourquoi on l’a installé ici, entre un jardin potager et un atelier poussiéreux.

Un homme, habillé façon je bricole au jardin avec une vieille casquette fatiguée sur la tête, est assis au clavier. Il se donne des airs de grand soliste, façon j’me la pète grave.

Face à lui, une équipe de tournage.

de g à d : Dinuc Lipatiercy, Monica Granda et Xavier Beaud.

La musique que l’on entend ne sort pas de l’instrument, mais d’un lecteur de CD posé non loin. Lorsqu’elle s’arrête, l’homme se lève et salue un public imaginaire.

Dans les jours qui suivront, l’homme, après avoir démonté soigneusement les pièces de l’instrument, l’achèvera à la tronçonneuse.

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J’ai participé au tournage d’un documentaire sur le travail de mon ami Luc Tiercy, sculpteur. Je l’avais mis en contact avec un ami vidéaste (Xavier Beaud), et celui-ci s’était associé à une journaliste-vidéaste (Monica Granda). Quant à moi, je m’improvisais preneur de son lorsque je pouvais participer aux séances de tournage.

Nous formions une joyeuse équipe et cela a été pour moi un grand privilège de pouvoir participer à cette aventure. Ainsi l’avons-nous suivi durant plusieurs mois dans les différentes étapes et les multiples facettes de son art.

Ce documentaire a été produit par l’association Coût de pierre, dont le but est de promouvoir le travail de cet artiste.

À l’époque où s’est déroulée la scène ci-dessus relatée, Luc était alors en train de travailler à une prochaine exposition, dans laquelle il présenterait des créations composées de pièces détachées d’un vieux piano qu’il avait tout juste pu « sauver » (!) de la démolition. C’était l’occasion de réaliser un vieux fantasme, à savoir mettre un piano à queue dans son jardin. Ainsi nous a-t-il proposé de tourner cette scène, comme un requiem burlesque à cet instrument dont des fragments connaîtraient une sorte de réincarnation dans le monde des arts plastiques.

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La participation à ce tournage a été pour moi l’occasion d’assister au travail du sculpteur ; j’ai pu constater ce que je savais déjà, à savoir que si les œuvres de Luc expriment souvent une grande tendresse, leur mise au monde implique un travail titanesque, accompli partiellement dans le vacarme assourdissant de machines (ponceuse, tronçonneuse, meuleuse d’angle) nécessitant le port d’un équipement de protection. Une ambiance de chantier poussiéreux, bien éloigné du raffinement des galeries d’art.

Il y a eu également les heures passées dans son atelier, lors des interviews, à faire connaissance de manière plus précise avec tout le processus créatif, avec la démarche intérieure qui passe par une fréquentation assidue et respectueuse de la nature, le respect de sa propre nature d’homme et d’artiste, et la recherche d’une mise en valeur de ce que le monde nous offre de beauté et de simplicité. Le connaissant depuis de nombreuses années, j’en avais naturellement parlé à plusieurs reprises avec lui ; mais participer au tournage de ces interviews a été une formidable opportunité d’en apprendre davantage. Et de plus, on a bien rigolé !

Et puis il y a eu enfin la chance de participer à l’installation d’une exposition, composé de pièces de bois monumentales disposées sur la place de la Maire de Bernex (GE)…

…mais aussi de pièces minérales, plus petites, posées sur des socles et disposées dans la galerie voisine.

J’ai pu mesurer à quel point, alors que l’agencement d’une exposition peut sembler plus ou moins hasardeux, il s’agit en fait d’une savante composition nécessitant une longue réflexion et de nombreux essais et corrections. Plus jamais je ne visiterai une exposition sans avoir une pensée pour le colossal travail accompli en amont.

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Et justement, Ô Toikimeli, si je te parle de tout ça, c’est parce que tu vas avoir tout bientôt l’occasion de toucher du (bout du) doigt un peu de cet univers.

En effet, au mois de septembre, a lieu à Meyrin (GE) une grande exposition rétrospective de l’œuvre de Luc Tiercy. Au Forum Meyrin, plus de septante pièces seront exposées, donnant au public l’occasion de parcourir le monde de l’artiste. Il y aura bien sûr de la pierre et du bois, mais pas que. Et aussi une foule de ‘tits bonshommes.

L’exposition présentera également des photographies de Laurent Barlier, qui suit Luc depuis de nombreuses années et qui documente son travail.

Le film documentaire évoqué dans cet article sera projeté le mercredi 2 septembre à 20h, après le vernissage de l’exposition (à 18h) dans la grande salle du Théâtre Forum Meyrin. Il dure 50 minutes et sera suivi d’une rencontre avec l’artiste.

Affiche du film

L’entrée est libre, mais soumise à réservation :

Dans le cadre du plan de protection covid-19, la réservation est obligatoire pour la projection. Des sièges numérotés vous seront attribués sur place. Réservation sur https://meyrinculture.ch/reservation/entre-vide-et-plein-une-ballade-de-lartiste-sculpteur-luc-tiercy

Je ne puis, Ô Toikimeli, que t’encourager à venir — au moins — visiter cette exposition et bien sûr, si tu le peux, à assister à cette projection du 2 septembre à 20h. Il y a aussi 2 projections scolaires, la veille à 13h45 et le même jour à 9h30. Les infos se trouvent sur le site en lien ci-dessus. Si tu as des contacts en milieu pédagogique, envoie-leur un lien vers ce billet ou directement vers la page de meyrinculture.ch qui donne toutes les informations sur l’expo et la projection : https://meyrinculture.ch/evenement/luc-tiercy-main-doeuvres

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#écépatou !

À l’occasion de cette expo, Luc propose une rencontre-visite dans son atelier, à Avusy (GE). C’est une opportunité à saisir ! Les infos se trouvent ici : https://meyrinculture.ch/evenement/visite-datelier-dartiste

Voilà.

Si cet article peut permettre à une ou plusieurs personnes de découvrir cet artiste, chuicontent!


Bonus :

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2 réflexions sur “Luc Tiercy, un film et une expo”

  1. Hello Dom!

    Merci pour ce récit, ça a dû être passionnant.

    L’affiche du documentaire est absolument superbe, j’adore la mise en page du titre du film par exemple.

    Et je répète, parce que je sais que je l’ai déjà dit, que j’aime beaucoup cette nouvelle présentation de ton site.

    Amicalement

    François

    1. Merci François!

      J’espère que tu auras l’occasion, si ce n’est d’assister à cette projection, de visiter une fois une expo de Luc. C’est vraiment une expérience magnifique.

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