J’aspire à passer l’inspirateur.

Lorsque c’est sale, dans mon appartement,
je passe un coup d’aspirateur.

Lorsqu’il y a de la poussière,
fine couche révélée par la lumière rasante du soir,
ou minons qui aiment se faire voir,

quand crissent sous le pied des miettes de pain ou de biscuits,
d’infimes trucs indéfinis
trop petits pour que je les ramasse,
et qui n’ont aucun intérêt,
aucune valeur,
je passe un coup d’aspirateur.

Régulièrement,
trop rarement peut-être,
pour réactiver le plaisir d’habiter,
je passe un coup d’aspirateur.

~ ~ ~

Lorsque c’est sale, dans ma tête,
dans ma vie,
je passe un coup d’inspirateur.

Lorsque des idées traînent partout,
lorsque des images inutiles m’encombrent et me polluent,
quand résonnent indéfiniment dans mon esprit les regrets et les remords,
si je me sens encombré par une préoccupation,
un souci,
majeur ou mineur,
je passe un coup d ‘inspirateur.

Régulièrement,
trop rarement peut-être,
pour réactiver le plaisir de vivre,
je passe un coup d’inspirateur.

Ce peut être un livre inspirant,
un article nourrissant,
une musique qui m’accompagne en me faisant vibrer ;

ou simplement,
assis devant ma fenêtre,
la contemplation de ces trois arbres, dans le préau de l’école voisine,
qui me rappellent que le temps est lent,
et qu’il est temps que je le prenne, le temps;

celui de lâcher les feuilles mortes et d’accepter l’hiver pour préparer la venue des suivantes,
celui de reconnecter mes racines intérieures,
celui de reconnaître mes racines extérieures,
celui de me laisser bousculer par le vent,
sans résister,
en accueillant la danse impromptue de la réalité dans mon quotidien.

 

Passer un coup d’inspirateur,
c’est réveiller, à l’intérieur,
ce qui me rend ouvert
et solidaire.

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