J’aspire à passer l’inspirateur.

Lorsque c’est sale, dans mon appartement, je passe un coup d’aspirateur. Lorsqu’il y a de la poussière, fine couche révélée par la lumière rasante du soir, ou minons qui aiment se faire voir, quand crissent sous le pied des miettes de pain ou de biscuits, d’infimes trucs indéfinis trop petits pour que je les ramasse, et qui n’ont aucun intérêt, aucune valeur, je passe un coup d’aspirateur. Régulièrement, trop rarement peut-être, pour réactiver le plaisir d’habiter, je passe un coup d’aspirateur. ~ ~ ~ Lorsque c’est sale, dans ma tête, dans ma vie, je passe un coup d’inspirateur. Lorsque des idées traînent partout, lorsque des images inutiles m’encombrent et me polluent, quand résonnent indéfiniment dans mon esprit les regrets et les remords, si je me sens encombré par une préoccupation, un souci, majeur ou mineur, je passe un coup d ‘inspirateur. Régulièrement, trop rarement peut-être, pour réactiver le plaisir de vivre, je passe un coup d’inspirateur. Ce peut être un livre inspirant, un article nourrissant, une musique qui m’accompagne en me faisant vibrer ; ou simplement, assis devant ma fenêtre, la contemplation de ces trois arbres, dans le préau de l’école voisine, qui me rappellent que le temps est lent, et qu’il […]

Coup de soleil à la caisse

La scène se passe aux caisses d’un magasin d’alimentation.

Le moment crucial où tu choisis dans quelle file d’attente tu vas te mettre. Pour cela, il faut tenir compte de la longueur de la colonne déjà en place. Il faut donc dénombrer les personnes et jauger la quantité d’articles contenue dans leur caddie.

Contresens

Il y a quelques jours, lors d’une virée en train, je transite par la gare de Berne.

J’ai soif, et mes deux bouteilles sont vides. Disposant de quelques minutes, je me mets en quête d’un robinet, d’une fontaine, pour y remplir lesdites bouteilles.

Cauchemar

Il fait beau. Oui, tu as bien lu le titre. C’est bien un cauchemar que je suis en train de te raconter. Mais, il est vrai, le début ne le laisse pas présager. Il fait beau, disais-je donc avant d’être grossièrement interrompu par moi-même. Le soleil brille, la température est agréable. Le temps idéal pour une balade.

Playdoyer pour un tryptique.

L’autre jour, Bernadette me fait remarquer que mon sac à dos est resté posé devant la fenêtre depuis sa dernière utilisation il y a… trois semaines. Bon. Faut dire qu’on était en train de parler justement de réaménagement de la zone autour de la fenêtre, et qu’elle l’a dit avec beaucoup d’humour ; je le précise à l’intention de ceux qui ne la connaissent pas, afin de leur éviter d’imaginer ma femme comme une sorte de “bobonne” accusatrice. Elle est aux antipodes de cela. Et je l’aime. Voilà. Ceci étant clarifié, je continue. J’ai réfléchi à la chose et j’ai éprouvé le besoin d’approfondir la question.