10 ans…

Je te propose aujourd’hui un petit voyage dans le temps, à travers l’histoire de ce blog, celui-là même que tu es en train de lire.

Car vois-tu, ô Toikimeli, en ce mois d’octobre, mon blog a 10 ans. Même s’il a changé de nom en cours de route, même s’il a connu des périodes de mutisme, même s’il est resté relativement confidentiel, il a 10 ans, et j’en ressens une certaine fierté. Tu sais quoi? En écrivant cela, je réalise que c’est — me semble-t-il — la première fois que je construis un projet tout seul et que je le mène aussi longtemps dans la durée, sans aucune obligation ni contrainte, ni même sans être engagé vis-à-vis d’une autre personne qui porte le projet avec moi.

J’ai bien sûr été encouragé par les réactions des personnes qui me lisent au premier rang desquelles Bernadette, ma femme, qui est souvent ma relectrice, m’aidant à clarifier ma pensée et mon propos. Mais fondamentalement c’est mon projet et il ne dépend concrètement que de moi.

Alors pour fêter ça, je suis parti passer quatre jours dans les Franches-Montagnes, à l’endroit où il est né. Je t’écris de là-bas.

 

C’est ici que j’ai commencé à écrire ce billet. J’aime bien.

 

À l’origine de cette aventure, il y a une proposition de mon psy. Alors que je lui disais vouloir regarder moins la télé et prendre plus de temps pour lire, il m’a répondu: « Et si tu profitais de ce temps libéré pour écrire? »

Ce qui signifiait: « Et si, au lieu d’aller chercher des ressources dans la pensée des autres, tu te confrontais à ta propre pensée, tes propres valeurs, tes propres ressources, et que tu prenais le temps de les creuser, de les formuler, et — pourquoi pas — de les partager? »

C’est ainsi que j’ai décidé de mettre à profit les opportunités offertes par les nouvelles technologies pour créer mon blog.

Ma première idée de titre était le Blog à Dom, mais j’ai eu envie d’un titre qui exprime un peu le fond de ma démarche. Ce serait donc j’y pense…

Je voudrais pouvoir te montrer une capture d’écran de cette première version, mais je n’en avais pas fait. Ou alors je l’ai perdue. Par contre j’ai retrouvé deux éléments qui faisaient partie de cette première mouture.

D’abord, l’image qui servait d’en tête à la page d’accueil, prise au bord de l’étang de la Gruère, à 5 km du lieu de naissance de mon blog:

 

 

Puis, il y a la photo de moi, qui se trouvait en-tête de la colonne de droite, photo prise à l’endroit même où j’avais bricolé cette première version et publié mon premier article. C’était sur la table d’un appartement de vacances franc-montagnard, dans le Jura suisse. J’y ai conçu cette première mouture avec ce qui était mon premier ordinateur portable. J’te dis pas le pied que j’ai pris! (Bon. J’te le dis pas, mais ça se voit un peu, non?)

 

 

L’article qui inaugurait ce nouvel espace, Marcher… (oui, j’aime bien les points de suspension!) a rapidement été suivi de deux autres, Philosophie? et Philosopher, dans lesquels je présentais ma démarche en tant que blogueur.

Je viens de les relire: à part quelques tournures et formules que je ressens aujourd’hui comme étant maladroites, je me retrouve encore bien dans le fond de ce que j’écrivais.

~ ~ ~

Petit à petit, j’ai glané quelques abonné·e·s. Mais il faut bien dire que, globalement, mon blog est resté relativement confidentiel. Je ne m’en plaignais pas puisque je n’avais jamais pris le temps de me donner les moyens d’agrandir le cercle de mon lectorat. J’y reviendrai.

Même s’il y a eu des périodes où je ne publiais rien, j’ai continué cahin-caha à penser à mon blog et à chaque fois y revenir. Faut dire que j’étais clairement le premier bénéficiaire de cette pratique. Le fait de prendre le temps et l’énergie de formuler par écrit ce qui m’habitait me forçait à le clarifier. Qui plus est, le fait de savoir que je serais lu m’obligeait à structurer, à préciser certaines choses qui me semblaient évidentes, mais qui, parce qu’elles devaient être exprimées de manière à être comprises par quelqu’un d’autre, ne se révélaient finalement pas si claires que ça. Écrire, c’est mourir un peu; mourir à l’illusion qu’on peut se faire qu’il suffit de vivre pour être vraiment vivant.

Elle est pas mal, celle-là, non? Allez, je te la refais, avec les guillemets et tout:

« Écrire, c’est mourir un peu; mourir à l’illusion qu’on peut se faire qu’il suffit de vivre pour être vraiment vivant. »

Ça en jette, non?

Mais tu vois, c’est précisément pour ça que j’aime écrire. Parce qu’en écrivant, il me vient des formules, des images, des parallèles et même des perpendiculaires, qui valent ce qu’elles valent mais qui me surprennent et me font avancer. Ou pas. Et il m’est arrivé, en retombant sur un texte vieux de quelques mois ou années, de me le prendre en pleine gueule et de me dire: « OK, c’est bien écrit, mais… c’est pas le tout de torcher des belles formules. Encore faut-il réussir à incarner ces valeurs au quotidien! »

C’est par exemple le cas du billet Vivre sans majuscules, qui a parfois réussi à m’aider à traverser des moments difficiles. Écris-toi et ton blog t’aidera!

~ ~ ~

À l’époque, je suivais plus ou moins régulièrement les publications du site de François Cuneo, cuk.ch. Au départ consacré à l’informatique (Apple) et la photo, cuk était devenu un blog collaboratif sur lequel plusieurs personnes publiaient des billets (il y en avait un par jour) sur toute sorte de sujets. Il m’arrivait d’intervenir dans les commentaires, me faisant petit à petit une place dans la « communauté cukienne ».

En 2013, j’ai eu envie de participer plus activement à cette communauté et j’ai commencé à publier aussi quelques articles, que je signais TroncheDeSnake, le pseudonyme que j’avais utilisé pour mes commentaires jusqu’ici. J’y ai abordé différents thèmes; certains auraient pu paraître sur mon propre blog, mais je profitais de la « pluridisciplinarité » de cuk pour y parler aussi de musique (le jazz venait de me contaminer) et d’autres choses. Rapidement, je suis entré dans le groupe des rédacteur·rice·s régulier·ére·s en m’engageant à publier un article par mois. Abandonnant alors mon pseudo, j’ai dès lors signé mes billets Dom’ Python.

Cela a été une expérience très enrichissante. Il faut dire que cuk.ch était suivi par un grand nombre de personnes (plus de 6’000 visites quotidiennes!). En m’y engageant comme rédacteur, je savais que je m’adressais à un large public et que je recevrais un nombre de commentaires nettement plus élevé que sur j’y pense... Il y avait donc un niveau d’exigence supplémentaire qui m’a fait du bien et m’a permis de m’exercer à une rédaction plus fouillée, plus riche, plus documentée. C’était passionnant. Et si je n’ai jamais réellement suivi de véritable formation dans ce domaine, l’expérience de cuk a certainement été pour moi très formatrice.

De plus, j’y ai fait de belles rencontres (sur internet et dans la vraie vie), de débats enrichissants, et, accessoirement, j’ai gagné quelques abonnés supplémentaires sur mon propre site!

J’avais énormément de plaisir à écrire pour cuk, mais cela me prenait beaucoup de temps (j’écris lentement) du coup j’ai quelque peu laissé tomber mon blog. Et ça, cela me laissait comme un goût d’abandon; j’avais la sensation de me retrouver à cet endroit que je connaissais bien, celui où je n’ai plus envie de m’investir mais où je suis incapable de prendre clairement la décision de poser un dernier geste pour conclure le bidule.

En mars 2017, François Cuneo a décidé de fermer cuk.ch, pour différentes raisons. C’est alors que, ayant été mis à la retraite anticipée, j’ai décidé de reprendre mon blog en main, et d’élargir la palette des thèmes abordés. J’ai d’ailleurs commencé par un marathon, en publiant un article par jour durant toute l’édition 2017 du Cully Jazz.

Puis, en septembre, j’ai modifié le nom de mon blog, pour être cohérent avec cette variété de sujets. Ainsi, j’y pense… est devenu le Blog à Dom (le premier titre auquel j’avais pensé à l’origine du projet). Mais pour pouvoir identifier les articles écrits dans l’esprit des premières années, j’y pense… est devenu le nom d’une des catégories dans lesquelles je classe mes articles.

Décembre 2018, j’ai décidé de déménager mon blog, afin d’avoir un peu plus de liberté dans la conception, et de rejoindre l’hébergeur écologique et local Infomaniak. Mais du coup, j’ai aussi eu plus de problèmes techniques à résoudre ! J’y reviendrai prochainement.

 

Bilan

Je suis plutôt content de cette aventure, et plus particulièrement de ne pas avoir abandonné. Car comme on le sait, l’important n’est pas de ne pas tomber, l’important est de se relever. Il n’y a d’ailleurs pas besoin de l’enseigner au bébé. De lui-même, il tombe et se relève un nombre incalculable de fois, témoignant d’une persévérance que, personnellement, je lui envie. Mais bon. Pour ce blog, en tout cas, je suis parvenu à reprendre le collier, et même, en m’engageant clairement à un minimum d’une publication mensuelle, à intensifier quelque peu l’activité.

C’est pour fêter ça dignement que j’ai décidé de prendre trois jours pour venir écrire ce billet sur les lieux mêmes où, il y a dix ans, je publiais le premier. J’ai commencé à le rédiger sur la terrasse (voire photo plus haut), mais j’ai tenu à le terminer sur la table-même où est né mon blog en octobre 2009. La preuve en image:

 

 

Bien sûr, en 10 ans, le lieu a évolué, le décor changé, mais c’est toujours aussi cordial, sympa, bien équipé, un vrai petit paradis!

Me souvenant de l’expérience que j’ai vécue sur cuk, j’ai envie de développer un peu mon blog pour atteindre un peu plus de monde. Car, en amoureux du chiffre trois, cette pratique du blogging a pour moi trois buts:

  1. comme je l’ai écrit plus haut, m’explorer les mondes intérieurs en pratiquant cet exercice philosophique de recul, de clarification;
  2. partager ces réflexions (ainsi que certaines découvertes musicales, lectures et autres);
  3. susciter l’échange, le partage de points de vue et d’expériences, l’enrichissement mutuel.

 

Projets

Je vais donc prochainement me mettre à creuser la question, et pour commencer je vais suivre une formation sur WordPress (le programme que j’utilise). Si tu ne sais pas ce qu’est WordPress, et que ça ne t’intéresse pas de le savoir, pas de problème. Pour les technophiles, je publierai certainement un billet là-dessus lorsque je serai au bout. Qu’ils sachent simplement pour l’instant que c’est la formation en ligne WPChef. Je me réjouis; c’est la première fois que je suivrai une formation en ligne. Une nouvelle expérience, dont tu entendra probablement parler!

Cela dit, il y aura donc sous peu quelques changements. Je souhaite pouvoir publier aussi l’une ou l’autre de mes photos, mais surtout mettre en place un système de commentaires aussi performant que  simple à utiliser et à gérer. (On m’a parlé d’un plug-in qui s’appelle Quadratureducercle, mais j’ai du mal à le trouver!)

~ ~ ~

Voilà.

Et tu sais, quoi?

Ça va bien!

Et toi?*

 


*(Douteuse manœuvre destinée à susciter des réactions…)

 

10 commentaires sur “10 ans…

  1. D’accord avec toi pour l’image du bébé qui se relève à chaque fois qu’il tombe…Je suis certaine que quand on a la passion de quelque chose, elle devient le moteur qui nous incite à nous relever. Alors chapeau car 10 ans c’est un bail !

  2. J’ai toujours dit que la fermeture de Cuk.ch avait au moins quelque chose de positif, à savoir te donner un petit coup de pied aux fesses pour reprendre ton chemin sur ton site.

    J’aime vraiment beaucoup ta manière d’écrire, donc j’espère que tu vas continuer longtemps.

    Chouette cette formation. Tu prends laquelle? La solo ou la pro?

    Bon anniversaire et à très bientôt!

    Bien amicalement

  3. bravo Dom c’est la vraie manière de philosopher pour soi.pour mieux se connaître!
    cela m’a permis aussi à te connaître un peu plus. beau séjour au Jura si beaux
    Monique H

    1. Merci Monique!

      Le séjour a été magnifique et je reste amoureux de la région.

      Et bienvenue à toi pour ton premier commentaire!

  4. Dom, moi aussi je passe sur ton blog parfois sans y laisser de trace, mais souvent ce sont tes réflexions, tes pensées qui en laissent chez moi. Je t’ai rencontré sur Cuk, au début, comme sans doute un certain nombre de lecteurs actuels de ton blog.

    En lisant ce que tu écris, j’y trouve aussi des résonnances avec mes propres pensées. Tu ne le sais pas, je ne te le dis pas, mais c’est le cas. Pas chaque fois, puisque nous sommes tous différents, mais souvent.

    Je dirais que ton blog est voué à l’effort de réfléchir sur soi-même, ce qui incite le lecteur à faire de même, forcément ! Et c’est pas si facile que ça.

    Et pour moi c’est un exercice assez inédit dans le domaine des blogs sur lesquels je surfe, c’est peut-être le seul, en fait. Oui, je peux le dire, pour moi, je pense que c’est le seul.

    Alors, comme on dit familièrement, bonne continuation !

    1. Oups… Zallag, j’ai vu arriver ton commentaire hier matin, et puis j’ai zappé.

      Ton feedback me touche. Beaucoup. Parce que si mes billets peuvent rencontrer des résonances et susciter « la réflexion sur soi-même », alors mes motivations de blogueur sont sérieusement renforcées. Merci !

      Et sache que je n’en veux jamais à personne de ne pas intervenir !

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