Bernadette, ou la nature magnifiée

Ô Toikimeli, peut-être que tu connais déjà Bernadette.

Ou peut-être pas, ce qui te permettra de découvrir une personne que, du coup, tu auras envie de connaître.

Moi, je la connais depuis 1984, je vis avec elle depuis 1985, je suis son mari depuis 1986. C’est dire la chance que j’ai.

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Bernadette a grandi à la campagne. Depuis toujours, elle a les yeux grands ouverts sur les arbres (dans lesquels elle adorait grimper étant jeune), les bourgeons, les pousses, les fleurs, les fruits et légumes, les cailloux… tout ce qui constitue ce qu’on appelle « Dame Nature » et qu’on ne regarde plus, du moins pas attentivement, consciemment, contemplativement.

Voici quelques années, elle a découvert le land art. Il y a toujours eu en elle une fibre créatrice ; mais cette découverte allait faire éclore une nouvelle passion, qui réunissait en un seul geste sa créativité et son amour pour la nature.

Elle a commencé à profiter de ses nombreuses balades sur les bords du Rhône pour élaborer des œuvres éphémères, façonnées avec le végétal et le minéral qu’elle trouvait sur place. Cela allait de la simple composition :

… à une grande fresque dont l’installation durait plusieurs heures (à commencer par le nettoyage du site choisi), heures réparties parfois sur deux ou trois jours :

L’exemple ci-dessus a été réalisé durant nos vacances l’été passé, dans une forêt voisine de notre logement.

À Genève, sur le trajet qu’elle empruntait pour rejoindre les sentiers du Rhône, elle s’échauffait les muscles de sa créativité en formant quelques cairns, — souvent agrémentés de quelques éléments végétaux — sur le muret qui borde la montée du Bois de la Bâtie :

Ainsi a-t-elle développé un réflexe qui se manifeste notamment lorsque nous passons à proximité d’une rivière : elle sursaute brusquement et, prise d’une soudaine fébrilité, se met à superposer harmonieusement des pierres avec une patience et un sens de l’équilibre qui force l’admiration :

Un point que je n’ai pas encore mentionné, c’est la dimension relationnelle de son travail artistique. Le fait de créer dans la nature, sur des sentiers fréquentés, a été l’occasion de belles rencontres, de moments de partages parfois savoureux. Car Bernadette, bien qu’elle exerce son art dans une certaine solitude, est une personne profondément relationnelle. Aussi a-t-elle eu toujours beaucoup de plaisir à échanger avec les passant·e·s, constatant que son travail était parfois accueilli de manière très intérieure. Elle raconte quelques-uns de ces tête-à-tête dans la section Rencontres de son site, dont tu trouveras le lien en fin de ce billet.

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Elle a progressivement commencé à rapporter à la maison des éléments principalement végétaux (elle a une attirance particulière pour les bois flottés) avec lesquels, après les avoir soigneusement nettoyés, elle exécute des œuvres plus modestes en volume, certes, mais plus construites, plus abouties, et surtout plus pérennes, avec çà et là des artifices de fixation (clou, colle) ; elle réalise ainsi de véritables chefs-d’œuvre qu’elle a eu l’occasion d’exposer à trois reprises dans les vitrines de notre opticien.

Certaines de ces compositions — qu’elle appelle décos végétales — représentent des personnages :

… alors que d’autres sont non-figuratives. Je les vois comme des hymnes de gratitude envers la nature et ses merveilles et une invitation à ouvrir grand nos yeux pour en découvrir l’étonnante richesse :

Qu’elles soient figuratives ou non, ces pièces témoignent toujours de la vie qui habite l’artiste, la vie qu’elle expérimente comme un courant, une énergie mouvante et changeante, un devenir plus qu’un être ; avec toutefois ce qu’il faut de halte, de recul, afin de se laisser le temps d’accueillir et accepter le réel pour mieux y répondre de manière créative et adéquate.

Quant à moi, son compagnon de vie, je peux témoigner que, depuis qu’elle a commencé cette activité artistique, j’ai passablement aiguisé mon regard sur la nature lorsque je vais me promener. Je suis davantage attentif, je perçois mieux qu’avant les lignes, les textures, les nuances de couleurs, l’équilibre des volumes, toussa. Il m’arrive de m’arrêter comme on le fait devant un tableau ou une sculpture, pour prendre le temps de savourer de tous mes yeux ce que cette exposition permanente et gratuite nous présente. Et il est fréquent que ce que je vois trouve quelque résonance en moi, et se relie à une réflexion sur ma manière d’être présent — ou non — à ce qui m’entoure et à moi-même.

C’est vachement profond, ce que je viens d’écrire, non ? Mais j’te jure, c’est comme ça !

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Amoureux de son travail comme de l’artiste, j’ai eu envie, il y a quelques années, de réaliser un site internet pour lui permettre de partager ses créations plus facilement. Je l’ai construit à l’époque avec un programme d’Apple (iWeb) qui a depuis été abandonné. Du coup, plus moyen de mettre à jour les galeries de photos. De plus, la page d’accueil ne s’affichait que partiellement, rendant la navigation impossible.

Comme entre-temps j’ai acquis quelques compétences sur WordPress, j’ai décidé de refaire un site en partant de zéro.

Parenthèse technique : je me suis formé au moyen de deux excellentes formations en ligne que j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre et que je recommande sans hésiter. (N.B.:  je le fais sans commission ni avantage !) :
Pour WordPress, j'ai choisi la version solo de WPChef.
Pour le constructeur de pages Elementor, dont je n'utilise que la version gratuite, j'ai trouvé mon bonheur dans le Chaudron, la plateforme d'aprentissage du site WPMarmite, qui propose par ailleurs gratuitement une grande quantité de ressources très utiles.

Cela m’a pris du temps, je ne suis pas rapide. Mais le site est enfin terminé et en ligne.

Bon. Quand je dis terminé, c’est façon de parler, hein. Pasque c’est jamais terminé un site ! Il y a toujours le détail qu’on n’avait pas vu, le truc qu’on se dit « non finalement pas comme ça », la fonction qu’on découvre et qui permet d’améliorer la navigation ou la présentation ; sans parler de la mise à jour, de l’entretien technique… Mais bon. Disons que la chose a été jugée présentable et publiable.

Le travail a été très agréable pour moi — malgré quelques prises de tête techniques — car bien sûr il a été réalisé en étroite collaboration avec l’artiste. Avoir ce projet commun a contribué à nourrir notre relation, et je me réjouis déjà de mettre en route la prochaine version (non, j’déconne !).

De plus, nous avons eu le plaisir de faire appel à notre fils Samuel, qui a photographié la dernière série de créations végétales, avec tout son talent et sa maîtrise technique. Les autres images de ce site ont été réalisées par Bernadette ou moi-même. Je prie donc les photographes de ne pas regarder les photos, mais les œuvres !

Ô, Toikimeli, il est temps pour moi de céder la place à Bernadette, et de t’inviter sans plus de blabla à te rendre sur son site pour admirer son travail : https://bernadettepython.ch.

Et si tu apprécies, n’hésite pas à lui laisser un message depuis sa page contact. Ça lui fera plaisir, et à moi aussi !

2 réflexions sur “Bernadette, ou la nature magnifiée”

  1. Alors, dans l’ordre:

    • magnifique témoignage à l’être aimé;
    • magnifique site, vraiment, très bien fait;
    • magnifiques œuvres exposées, je suis particulièrement sensible à la section “Décorations végétales”.

    Bravo à vous deux et merci!

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