J’aspire à passer l’inspirateur.

Lorsque c’est sale, dans mon appartement, je passe un coup d’aspirateur. Lorsqu’il y a de la poussière, fine couche révélée par la lumière rasante du soir, ou minons qui aiment se faire voir, quand crissent sous le pied des miettes de pain ou de biscuits, d’infimes trucs indéfinis trop petits pour que je les ramasse, et qui n’ont aucun intérêt, aucune valeur, je passe un coup d’aspirateur. Régulièrement, trop rarement peut-être, pour réactiver le plaisir d’habiter, je passe un coup d’aspirateur. ~ ~ ~ Lorsque c’est sale, dans ma tête, dans ma vie, je passe un coup d’inspirateur. Lorsque des idées traînent partout, lorsque des images inutiles m’encombrent et me polluent, quand résonnent indéfiniment dans mon esprit les regrets et les remords, si je me sens encombré par une préoccupation, un souci, majeur ou mineur, je passe un coup d ‘inspirateur. Régulièrement, trop rarement peut-être, pour réactiver le plaisir de vivre, je passe un coup d’inspirateur. Ce peut être un livre inspirant, un article nourrissant, une musique qui m’accompagne en me faisant vibrer ; ou simplement, assis devant ma fenêtre, la contemplation de ces trois arbres, dans le préau de l’école voisine, qui me rappellent que le temps est lent, et qu’il…Continue reading J’aspire à passer l’inspirateur.

Toujours quelque chose…

Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Une douleur, juste là, au mauvais moment, au mauvais endroit, ou alors simplement qui n’empêche rien, mais qui agace, obsède, oppresse. Une difficulté, une mauvaise surprise, le truc qu’on n’attendait pas, le machin qui ne se passe pas comme on aurait voulu. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas.

Se pencher pour voir la forêt

Comme l’arbre qui, par le jeu de la perspective, cache la forêt, la peine et la douleur peuvent momentanément occuper toute la place dans le champ de la conscience. Il peut suffire de me pencher un peu ou beaucoup, suivant la largeur de l’arbre, pour apercevoir la forêt, juste là, derrière l’arbre.

Henriette

J’ai fait des années de thérapie; J’ai lu des livres, écrits par des auteurs spirituels, des psys; J’ai lu des articles, assisté à des conférences; j’ai fait des retraites, des stages… Une vérité m’a été enseignée, partagée, expliquée; une vérité profonde, en laquelle je crois de plus en plus fermement au fur et à mesure que je deviens capable de l’incarner au quotidien: une des ressources les plus utiles que l’on puisse acquérir et développer dans la vie, c’est la capacité à accepter la réalité telle qu’elle se présente. (Cette véritable acceptation n’a rien à voir avec la résignation, le fatalisme, ni même l’approbation. Mais ceci est un autre débat.) Cette acceptation de la réalité, de l’environnement, et plus particulièrement de l’autre, je l’ai apprise d’une façon plus précise dans les écrits de Carl Rogers. Ce psychologue américain a fait de l’acceptation une des trois clés principales de la relation d’aide; mais aussi une des attitudes de base qui permettent à la personne de se développer de façon saine et satisfaisante. J’ai connu une femme.