Édouard

C’est pas que j’aimais pas les arbres, hein, mais bon. Je les trouvais beaux, sans plus. Et encore, pas tous. Certains me paraissaient trop asymétriques, ou pas assez « vert », bizarres… pas réglementaires, quoi !
Je crois que l’image que j’avais de l’arbre idéal ressemblait à celle-là :

Le quadrupède et la danseuse

Lentement, il avance le pied droit. Pendant ce mouvement, je crois déceler dans le regard de cet homme une préoccupation majeure: conserver sa stabilité grâce aux trois autres points d’appui. Le pied droit, donc.  Là, c’est fait. Aussitôt, c’est au tour de la béquille gauche d’avancer. Puis, sans délai, mais sans précipitation, le pied gauche progresse à son tour, suivi immédiatement par la béquille droite. Voilà. Il marque un temps, respire, lève la tête…

Tendresse minérale

Elles se tiennent immobiles, par deux, comme figées dans un geste de tendresse. Il y a celles qui se juxtaposent, celles qui se superposent. Celles-là se ressemblent, celles-ci se dissemblent… Toutes se rassemblent.

…bénir

(Suite et fin de l’article précédent) C’était un matin, en me rendant au travail. Je venais de rire intérieurement à la pensée d’une situation vécue récemment. Voyant un oiseau posé sur le chemin devant moi, je me suis arrêté et lui ai souri en lui disant bonjour, doucement. Puis, lorsqu’il s’est envolé, j’ai repris ma marche. En amoureux du chiffre trois que je suis, m’est alors venue cette question: « Que pourrais-je ajouter à Rire et Sourire pour en faire un trio? » Et très vite, un troisième mot en ir a surgi: bénir. Ma première réaction a été de m’exclamer intérieurement, avec un sens de la concision qui n’a d’égal que l’intensité dramatique du terme choisi : “Oulà…”

Se pencher pour voir la forêt

Comme l’arbre qui, par le jeu de la perspective, cache la forêt, la peine et la douleur peuvent momentanément occuper toute la place dans le champ de la conscience. Il peut suffire de me pencher un peu ou beaucoup, suivant la largeur de l’arbre, pour apercevoir la forêt, juste là, derrière l’arbre.

J’aime la nuit du matin

J’aime la nuit. Mais j’en connais deux : celle du soir et celle du matin. Et celle que je préfère, c’est la nuit du matin. Déjà parce qu’elle est plus silencieuse. Et j’aime le silence ; autant que la musique, autant que le son de la voix de ma femme, autant que la chaleureuse présence de mon fils.

Deux ballades

À gauche.. des cornets de chips vides, des emballages divers, déchiquetés et abandonnés; À droite… des bouteilles de whisky, de vodka, et des gobelets, beaucoup de gobelets, dont certains contiennent encore un liquide jaunâtre dans lequel flotte quelque mégot. Faire attention aux débris, bouteilles explosées. Et cette odeur de bière… Beurk. Fait chier. Plus loin…