J’arrête de falloir

Il y a … trois ans (déjà!), j’ai partagé avec toi une réflexion sur le verbe falloir. Le titre de mon billet était: “Mais pourquoi faut-il toujours qu’il faille falloir?” (lien) Je prenais la résolution suivante (citation): Cet après-midi, il fait beau. D’aucuns prétendraient sans vergogne que, avec un temps pareil, il faut sortir. Eh ben moi non. Je dis: je faus sortir. Je ne veux pas sortir pour une autre raison que parce que je le décide. Na. Et si le verbe falloir fait de la résistance, si l’Académie française veut m’empêcher de falloir, si mon correcteur orthographique me chie une pendule, si toi qui me lis tu trouves que j’exagère, et bien tant pis. Je faudrai chaque fois que je voudrai. Dernièrement, j’ai eu envie de faire un pas supplémentaire. Je t’explique:

Trop

Je suis tombé par hasard et successivement sur deux articles qui n’ont a priori aucun rapport, quoique… En tout cas, ils ont créé dans ma tête une étrange perspective. Si tu veux bien, je t’en parle d’abord et t’indiquerai les références en fin de billet.

Toujours quelque chose…

Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Une douleur, juste là, au mauvais moment, au mauvais endroit, ou alors simplement qui n’empêche rien, mais qui agace, obsède, oppresse. Une difficulté, une mauvaise surprise, le truc qu’on n’attendait pas, le machin qui ne se passe pas comme on aurait voulu. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas.

Se pencher pour voir la forêt

Comme l’arbre qui, par le jeu de la perspective, cache la forêt, la peine et la douleur peuvent momentanément occuper toute la place dans le champ de la conscience. Il peut suffire de me pencher un peu ou beaucoup, suivant la largeur de l’arbre, pour apercevoir la forêt, juste là, derrière l’arbre.

Le raidillon

Être au bas d’une montée, raide, glissante, dont je me fais une montagne. Rester là, hésitant, découragé, parce que je sais que la montée va être pénible, et qu’une fois engagé il me faudra aller jusqu’en haut, parce qu’il n’y a pas de palier possible, pas de replat, c’est d’une traite. Et arrivé en haut, il y en aura d’autres, des montées. Découragé peut-être par quelques tentatives malheureuses, par les difficultés ou échecs lors de montées précédentes. Pas envie de me recasser la gueule, de me salir, de me faire mal peut-être Ouais. C’est pas un vrai chemin, hein, c’est une parabole.

Mais pourquoi faut-il toujours qu’il faille falloir?

Falloir. C’est quoi ce verbe qui ne se conjugue qu’à la troisième personne? Bon. Si tu me connais, tu sais que j’aime bien le chiffre trois. Et alors? trois c’est trois, c’est pas troisième. Dans trois, il y a bien un, puis deux, et enfin, trois. Alors un verbe refuse de s’accorder à moi, un verbe qui exprime une contrainte, une obligation posée par on ne sait qui et quand à laquelle je n’ai pas mon mot à dire, et bien je ne l’aime pas, moi, ce verbe. Je le prends, ce verbe, je le regarde droit dans les yeux, puis je l’em……brasse et lui demande poliment d’aller voir ailleurs et de m’oublier. Ce verbe, il ne faut pas qu’il… meeeerde! Pourquoi c’est si difficile de s’en débarrasser!

Du chemin, du but, et du raccourci

Lorsque j’arrive au bout de la passerelle, j’ai deux possibilités: Soit je prends le petit escalier, à gauche, soit j’oblique à droite et je prends le chemin. Par le chemin, on monte très légèrement, sur environ soixante mètres. Puis, à son extrémité, en  faisant un virage en épingle à cheveux et à nouveau une soixantaine de mètres, on rejoint le sommet de l’escalier. Mais la suite est une autre histoire, revenons au bout de la passerelle.

vivre sans majuscule

(Chronique d’un creux de vague) Peiner, souffrir, ne pas avoir envie, avoir mal, désespérer, être indifférent à tout, me sentir nul, pas à la hauteur, inapte, avoir envie de ne pas être… rien de tout cela ne me dispense de vivre. Peut-être même que, dans ces situations, dans ces ambiances intérieures, vivre – m’efforcer de vivre – est-il ma seule option… raisonnable. Mais qu’est-ce que “vivre”?

Deux ballades

À gauche.. des cornets de chips vides, des emballages divers, déchiquetés et abandonnés; À droite… des bouteilles de whisky, de vodka, et des gobelets, beaucoup de gobelets, dont certains contiennent encore un liquide jaunâtre dans lequel flotte quelque mégot. Faire attention aux débris, bouteilles explosées. Et cette odeur de bière… Beurk. Fait chier. Plus loin…