L’agression

C’était le soir. Je rentrais à la maison, marchant d’un pas énergique afin de conjurer le froid qui traversait mon épiderme insuffisamment protégé, la faute à un optimisme météorologique dont j’assume l’entière responsabilité. Par ailleurs, il était tard, il faisait sombre, l’idée de flâner ne m’avait pas effleuré, contrairement à certaines rentrées tardives et estivales.

Trois arbres

Ils sont trois, côte à côte,
ou plutôt branches à branches,
trois arbres, plantés dans le préau d’une école voisine;
j’en apperçois le sommet,
depuis la fenêtre de ma cuisine.

…bénir

(Suite et fin de l’article précédent) C’était un matin, en me rendant au travail. Je venais de rire intérieurement à la pensée d’une situation vécue récemment. Voyant un oiseau posé sur le chemin devant moi, je me suis arrêté et lui ai souri en lui disant bonjour, doucement. Puis, lorsqu’il s’est envolé, j’ai repris ma marche. En amoureux du chiffre trois que je suis, m’est alors venue cette question: « Que pourrais-je ajouter à Rire et Sourire pour en faire un trio? » Et très vite, un troisième mot en ir a surgi: bénir. Ma première réaction a été de m’exclamer intérieurement, avec un sens de la concision qui n’a d’égal que l’intensité dramatique du terme choisi : “Oulà…”

Rire, sourire…

dont chacun mériterait un article — au moins! Mais mon propos n’est pas d’en faire une présentation systématique et complète, mais de te parler de ce qu’à eux trois ils représentent pour moi et de la manière dont ils s’articulent et se répondent dans mon expérience personnelle.

Toujours quelque chose…

Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Une douleur, juste là, au mauvais moment, au mauvais endroit, ou alors simplement qui n’empêche rien, mais qui agace, obsède, oppresse. Une difficulté, une mauvaise surprise, le truc qu’on n’attendait pas, le machin qui ne se passe pas comme on aurait voulu. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas.

Se pencher pour voir la forêt

Comme l’arbre qui, par le jeu de la perspective, cache la forêt, la peine et la douleur peuvent momentanément occuper toute la place dans le champ de la conscience. Il peut suffire de me pencher un peu ou beaucoup, suivant la largeur de l’arbre, pour apercevoir la forêt, juste là, derrière l’arbre.

Le raidillon

Être au bas d’une montée, raide, glissante, dont je me fais une montagne. Rester là, hésitant, découragé, parce que je sais que la montée va être pénible, et qu’une fois engagé il me faudra aller jusqu’en haut, parce qu’il n’y a pas de palier possible, pas de replat, c’est d’une traite. Et arrivé en haut, il y en aura d’autres, des montées. Découragé peut-être par quelques tentatives malheureuses, par les difficultés ou échecs lors de montées précédentes. Pas envie de me recasser la gueule, de me salir, de me faire mal peut-être Ouais. C’est pas un vrai chemin, hein, c’est une parabole.

Mais pourquoi faut-il toujours qu’il faille falloir?

Falloir. C’est quoi ce verbe qui ne se conjugue qu’à la troisième personne? Bon. Si tu me connais, tu sais que j’aime bien le chiffre trois. Et alors? trois c’est trois, c’est pas troisième. Dans trois, il y a bien un, puis deux, et enfin, trois. Alors un verbe refuse de s’accorder à moi, un verbe qui exprime une contrainte, une obligation posée par on ne sait qui et quand à laquelle je n’ai pas mon mot à dire, et bien je ne l’aime pas, moi, ce verbe. Je le prends, ce verbe, je le regarde droit dans les yeux, puis je l’em……brasse et lui demande poliment d’aller voir ailleurs et de m’oublier. Ce verbe, il ne faut pas qu’il… meeeerde! Pourquoi c’est si difficile de s’en débarrasser!

“Rien n’arrête une racine”

Tombé ce matin sur un texte dont voici un extrait: «Chaque personne a un ressort intérieur et des ressources insoupçonnées. Rien n’arrête une racine: en cas d’obstacle, elle le contourne et ouvre un autre chemin. De la même façon, nous avons à tracer notre chemin de vie.» (Phytospiritualité: Libérer la joie avec Agathe Frémy) Intéressant. Cette image de la racine a résonné en moi.

Marcher, respirer, lâcher…

On me l’a dit et répété: ne pas respirer avec le haut du torse, mais «descendre» la respiration depuis la poitrine jusque dans le ventre De plus, une certaine vision du corps nous incite à inspirer en bombant le torse et en rentant le ventre; du coup, en expirant, on a tendance à dégonfler le torse et, du coup, relâcher le ventre qui s’affaisse et part en avant. Alors que ce devrait être l’inverse: l’inspir ventral pousse le nombril en avant sans soulever la poitrine et l’expulsion de l’air se fait en rentrant le ventre. Bon. J’ai compris. Mais je n’y arrive pas forcément. Et puis ce matin, j’ai tout à coup découvert quelque chose.